Éolien en France : chiffres clés et enjeux du secteur

En France, la filière éolienne a émergé au milieu des années 90. Près de trente ans plus tard, l’énergie du vent est devenue la troisième source d’électricité du pays, juste après le nucléaire et l’hydroélectricité. Son essor est évidemment favorisé par le contexte de la transition énergétique, qui encourage le développement des énergies renouvelables. Aujourd’hui, des milliers d’installations éoliennes sont implantées sur le territoire français, la grande majorité étant des sites terrestres.

L'éolien est la troisième source d'électricité du pays, derrière le nucléaire et l'hydraulique. France Renouvelables fait aujourd’hui état d’environ 10 000 mâts implantés sur le sol français, les appareils étant répartis sur 2 485 sites d’après le Service des données et études statistiques (SDES). Les Hauts-de-France, le Grand Est et la Nouvelle-Aquitaine possèdent le plus d’installations avec respectivement 654, 488 et 214 centrales éoliennes raccordées.

L’éolien en mer ou « offshore » en est encore à ses débuts dans le pays, avec seulement trois parcs en activité. Deux types de systèmes existent : les éoliennes posées, dont la fondation est ancrée au fond marin, et les éoliennes flottantes, installées sur une structure flottante ancrée au sol marin. À ce jour, la France exploite uniquement des systèmes posés, mais prévoit déjà des projets d’installations basées sur l’autre technologie.

Les trois grandes fermes éoliennes en mer actuellement en service sont : Saint-Nazaire (484 MW), mise en service en 2022, Saint-Brieuc (496 MW), pleinement opérationnel en 2024 et Fécamp (497 MW), entrée en service en 2024.

+170% de puissance en 10 ans

Selon les derniers chiffres du SDES, la puissance éolienne installée en France atteignait 24,7 gigawatts (GW) en 2024, soit une hausse de près de 170 % par rapport à 2014. Le secteur reste largement dominé par l’éolien terrestre, qui représente 23,1 GW, tandis que les installations offshore totalisent environ 1,5 GW.

Concernant la production, l’éolien français a généré 46,7 térawattheures (TWh) d’électricité en 2024, d’après le bilan du gestionnaire Réseau de transport d’électricité (RTE). Sa part dans le mix énergétique s’est élevée à environ 8,7 %, plaçant la filière en troisième position derrière le nucléaire (67,4 %) et l’hydroélectricité (13,9 %). Bien que la production totale des énergies renouvelables ait atteint un record de 148 TWh en 2024, l’éolien a connu une baisse. Cette diminution a principalement été influencée par la filière terrestre impactée par un manque de vent par rapport à 2023. En revanche, l’éolien en mer a vu sa production bien progresser suite à la mise en service des parcs de Saint-Brieuc et de Fécamp.

« La France est dans le bon rythme »

La dernière Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), en consultation depuis novembre dernier, fixe des objectifs à deux horizons : 2030 et 2035. Pour l’éolien en mer, la PPE vise 3,6 GW de puissance installée en 2030 et 18 GW en 2035. Des objectifs jugés atteignables par Matteo Bernard, responsable de l’éolien en mer chez France Renouvelable : « Pour l’instant, la France est dans le bon rythme. Dans le calendrier, nous avons suffisamment de projets qui seront bientôt attribués, bientôt construits ou bientôt lancés, qui devraient permettre d’atteindre les objectifs ».

Du côté de l’éolien terrestre, la puissance installée devrait atteindre entre 33 et 35 GW d’ici 2030, avec une production annuelle estimée à 64 TWh. À l’horizon 2035, l’objectif est fixé entre 40 et 45 GW, pour une production de 80 TWh par an.

Plus de 900 nouveaux projets

Les plus grands projets en cours concernent principalement l’éolien en mer, avec trois parcs actuellement en construction : Yeu-Noirmoutier (Vendée), d’une puissance de 496 MW, dont la mise en service est prévue fin 2025 ;
Dieppe-Le Tréport (Seine-Maritime), également de 496 MW, attendu pour fin 2026 et Courseulles-sur-Mer (Calvados), d’une puissance de 450 MW, dont la mise en service, initialement prévue plus tôt, a été rapportée à 2026 en raison de blocages techniques.

Un autre site de 600 MW situé au large de Dunkerque (qui n’est pas encore en phase de construction) devrait entrer en service avant 2030. Entre 2030 et 2035, des projets d’envergure à l’échelle du gigawatt sont également en préparation, notamment le parc Centre Manche 2 (1,5 GW) au large du Calvados et celui de l’île d’Oléron (1 GW).

En ce qui concerne l’éolien terrestre, plus de 900 nouveaux projets totalisant 12,9 GW sont en cours d’instruction, dont 1,6 GW avec convention de raccordement signée.

Des difficultés réglementaires

L’industrie éolienne fait face à de nombreux obstacles qui ralentissent les projets, notamment la complexité des procédures administratives et la rigidité du cadre réglementaire. Ces difficultés concernent aussi bien l’éolien terrestre que l’éolien en mer, bien que les démarches varient selon les filières.

« En France, par rapport à d’autres pays, les délais entre l’attribution et la mise en service d’un projet sont plus longs, notamment à cause des demandes d’autorisation et du traitement des recours qui prennent du temps », explique Matteo Bernard à propos de l’éolien offshore. Selon lui, l’obtention des autorisations peut nécessiter jusqu’à trois ans après le dépôt des dossiers (dont la préparation en amont est aussi très longue). Il souligne également que ces étapes constituent le principal levier d’accélération des projets : « Là où on peut accélérer, c’est sur le traitement de la demande d’autorisation et la purge des recours ».

Contraintes techniques

Certaines contraintes techniques peuvent également freiner le développement des projets éoliens. Lord Seif, chef de projet photovoltaïque et éolien chez le producteur d’énergies renouvelables Boralex, pointe notamment les servitudes militaires, aéronautiques et météorologiques, qui impacteraient fortement le développement des projets. Ces balises imposent parfois des limites d’altitude, empêchant l’installation d’appareils suffisamment grands pour un projet viable.

Quant aux oppositions locales, celles-ci représentent souvent une minorité, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Cependant, ces opposants parviennent parfois à faire annuler des projets. « Nous remarquons sur le terrain qu’une minorité d’opposants arrivent à exercer une pression sur leurs élus pour faire refuser les projets et empêcher la majorité silencieuse de profiter des avantages d’un parc éolien », prévient Lord Seif.

31 440 emplois créés

Le nombre d’emplois générés par la filière éolienne ne cesse de croître, suivant l’essor de l’industrie. Selon l’Observatoire de l’éolien 2024, plus de 31 440 emplois avaient été créés en France à la fin 2023, soit une hausse de plus de 50 % par rapport à 2019. Cette croissance est particulièrement portée par la branche « études et développement ». La tendance devrait se poursuivre dans les années à venir d’après les projections qui estiment que le secteur pourrait atteindre près de 44 300 emplois d’ici 2030.

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Mis à jour le 20 Mar, 2025

Miotisoa Randrianarisoa

Rédactrice spécialisée dans l’énergie et les nouvelles technologies

Miotisoa Randrianarisoa est diplômée de l'École Supérieure Polytechnique d'Antananarivo, où elle a étudié le génie mécanique et industriel. Elle a rejoint Révolution Énergétique, le média spécialisé dans les énergies bas-carbone. Depuis plus de 2 ans, elle rédige des contenus spécialisés sur la transition énergétique, les technologies énergétiques et les stratégies géopolitiques.

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