Un budget sous tension : l’écologie en ligne de mire

Il aura fallu cinq mois de négociations budgétaires pour arriver à un constat implacable : les finances publiques sont sous haute pression, et les politiques environnementales en paient le prix fort. La mission écologie subit une coupe drastique de 2,1 milliards d’euros entre 2024 et 2025, une décision assumée par la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.
« Ce sont au total 23,5 milliards d’euros de dépenses publiques en moins, un record depuis vingt-cinq ans », a déclaré Éric Coquerel, président LFI de la Commission des finances. Mais l’adoption du projet de loi de finances par le biais de l’article 49.3 a coupé court à tout débat. Le Parti socialiste, de son côté, a décidé de ne pas soutenir la motion de censure déposée par LFI.
Transition écologique : un ralentissement qui inquiète
Parmi les coupes les plus marquantes, la réduction des aides à l’achat de véhicules électriques, qui passent de 2,1 milliards à 700 millions d’euros, et la diminution des soutiens aux énergies renouvelables, amputés de 200 millions d’euros. Le programme MaPrimeRenov’, lui, subit une chute vertigineuse, passant de 4 milliards à 2,3 milliards d’euros.
« Sur MaPrimeRenov’, sur le leasing social, sur les soutiens aux énergies renouvelables, les budgets sont sacrifiés et cette politique de “stop and go” nuit à la structuration des filières. Le budget Bayrou est un désastre pour l'écologie », dénonce la députée Éva Sas.
Dans ce paysage contrasté, quelques mesures parviennent à limiter la casse. Le fonds vert, qui finance les initiatives locales en faveur de l’environnement, échappe à la coupe prévue et se maintient à 1,124 milliard d’euros, bien qu’il doive désormais intégrer le plan vélo. Ce dernier, initialement mis entre parenthèses en 2024, renaît en 2025 sous une forme amoindrie, avec un budget réduit à 50 millions d’euros.
Entre restrictions et paradoxes
Les autres secteurs environnementaux ne sont pas épargnés. L’agriculture perd 541 millions d’euros, la politique de l’eau voit son enveloppe fondre de 100 millions d’euros et les transports doivent composer avec une baisse de 125 millions d’euros. Le réseau ferroviaire, qui faisait l’objet d’annonces ambitieuses ces dernières années, est particulièrement affecté.
En interne, les agences de l’État paient aussi le prix des restrictions. Qualifiées de « labyrinthe incroyablement nuisible au développement du pays » par le Premier ministre, elles doivent supprimer 228 postes en 2025. Parmi elles, l’Office français de la biodiversité et les agences environnementales voient leurs effectifs diminuer de 36 postes, tandis que Météo-France et le Cerema subissent également des pertes.
« Tout ce que nous avions réussi à cranter l’année dernière est touché », regrette Émeline Notari du Réseau Action Climat. Loin de renoncer à leurs revendications, les acteurs écologistes constatent un écart croissant entre les discours et les actes budgétaires.
Si certaines taxes, comme celle sur les billets d’avion ou les transactions financières, sont relevées, elles restent en deçà des attentes. Reste à savoir si ce serrage de vis budgétaire marquera un simple ralentissement ou un véritable virage à contresens pour la transition écologique en France.
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Mis à jour le 20 Mar, 2025
Cheffe de projet digital
Diplômée de NEOMA Business School avec une spécialisation en marketing, Romane Rigaud est cheffe de projet digital chez papernest depuis 2020. Elle dirige la conception et la mise en œuvre de projets numériques tout en supervisant la création de contenus liés aux thématiques énergétiques.
Diplômée de NEOMA Business School avec une spécialisation en marketing, Romane Rigaud est cheffe de projet digital chez papernest depuis 2020. Elle dirige la conception et la mise en œuvre de projets numériques tout en supervisant la création de contenus liés aux thématiques énergétiques.
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